AL’in est la plateforme d’Action Logement qui met en relation les demandeurs de logement social avec les offres disponibles. Pour y accéder et postuler, il faut d’abord avoir enregistré une demande sur le portail national et obtenu un numéro unique d’enregistrement. Le dossier déposé sur AL’in ne remplace pas cette étape préalable : il la complète avec des pièces justificatives précises, dont la qualité détermine la recevabilité de la candidature.
Portail national et AL’in : deux étapes distinctes pour un même dossier
Une confusion fréquente consiste à penser qu’AL’in gère l’intégralité de la demande de logement social. La réalité est différente. Le dépôt initial se fait sur le site national demande-logement-social.gouv.fr, où le demandeur obtient son numéro unique. Ce numéro reste le sésame pour toute la suite.
AL’in intervient après. La plateforme affiche les offres de logements proposées par les bailleurs partenaires d’Action Logement. Pour postuler à une offre, le demandeur doit y créer un compte, renseigner sa situation et téléverser les justificatifs demandés. Les deux systèmes communiquent, mais chacun exige ses propres mises à jour.
Cette architecture en deux temps a une conséquence pratique : toute modification de situation doit être répercutée sur les deux portails. Mettre à jour son avis d’imposition sur le site national sans le confirmer dans AL’in (ou l’inverse) peut entraîner un blocage de la candidature.

Pièces à fournir pour constituer un dossier AL’in complet
Les documents exigés varient légèrement selon la situation du demandeur (salarié, alternant, personne en situation de handicap), mais un socle commun s’applique à tous les profils.
Justificatifs d’identité et de situation familiale
- Carte nationale d’identité ou passeport en cours de validité, recto-verso. Pour les ressortissants étrangers, un titre de séjour valide est requis à la place
- Livret de famille si le demandeur a des enfants ou vit en couple, afin de justifier la composition du ménage
- Jugement de divorce ou ordonnance de non-conciliation le cas échéant, pour les situations de séparation
Justificatifs de revenus et de ressources
Le document central est le dernier avis d’imposition (avis 2025 sur les revenus 2024 pour une demande active en 2026). Le revenu fiscal de référence qui y figure sert à vérifier que le demandeur ne dépasse pas les plafonds de ressources fixés pour l’attribution d’un logement social (PLAI, PLUS ou PLS selon la catégorie).
Les trois derniers bulletins de salaire complètent le tableau. Pour un alternant ou un salarié en CDD, le contrat de travail ou l’attestation de l’employeur peut être demandé en complément. Les demandeurs percevant des aides (allocations familiales, AAH) doivent joindre les attestations correspondantes.
Justificatifs de domicile
Une quittance de loyer récente, une facture d’énergie ou une attestation d’hébergement avec pièce d’identité de l’hébergeant. Pour les personnes hébergées en structure (CADA, foyer), une attestation de l’organisme fait office de justificatif.
Mise à jour annuelle du dossier : le piège de 2026
Depuis janvier 2026, la procédure de renouvellement annuel se décompose en trois actions successives. Omettre l’une d’entre elles suffit à désactiver la demande.
Première étape : mettre à jour le revenu fiscal de référence sur le portail national en renseignant les données de l’avis d’imposition 2025. Deuxième étape : déposer le document numérisé de cet avis sur le même portail. Troisième étape : se connecter à AL’in, cliquer sur la fonction de mise à jour et confirmer le dépôt de la nouvelle pièce.
Sans cette triple validation, la demande peut être radiée et le demandeur perd son ancienneté. Pour un dossier déposé depuis plusieurs années, la perte est considérable puisque le délai d’attente repart potentiellement de zéro.
Qualité des documents numériques : un critère de tri réel sur AL’in
Un point que la plupart des guides négligent concerne la lisibilité des fichiers téléversés. Les retours récents montrent que des scans flous ou des photos prises au téléphone entraînent des rejets ou des retards de traitement. Le problème n’est pas seulement technique : un dossier illisible donne une impression de négligence qui peut peser lors de l’examen par le bailleur.
Quelques règles pratiques réduisent ce risque. Scanner les documents en PDF plutôt qu’en JPEG compressé. Vérifier que chaque page est droite, sans zone coupée. S’assurer que le revenu fiscal de référence, le nom et l’adresse sont parfaitement lisibles sur l’avis d’imposition. Si le téléphone est le seul outil disponible, utiliser le mode document de l’application photo (disponible sur la plupart des smartphones récents) plutôt que le mode standard.

Éligibilité à AL’in : le lien avec l’employeur, pas le statut personnel
AL’in n’est pas ouverte à tous les demandeurs de logement social. L’accès dépend du fait que l’employeur relève du secteur privé non agricole et cotise à Action Logement. Un salarié en CDI, en CDD ou un alternant dont l’entreprise remplit cette condition peut créer un compte et postuler.
Les indépendants, les agents de la fonction publique et les salariés du secteur agricole ne passent pas par cette plateforme. Leur demande de logement social reste active sur le portail national et suit le circuit classique d’attribution via les commissions départementales.
Cette distinction est souvent source de confusion. Vérifier auprès de son service RH si l’entreprise cotise à Action Logement permet de savoir immédiatement si AL’in est une option ou non.
Un dossier bien constitué sur AL’in repose moins sur le nombre de documents que sur leur cohérence et leur lisibilité. La triple mise à jour annuelle reste le point de vigilance majeur en 2026 : un oubli sur l’un des deux portails suffit à compromettre des mois, voire des années, de file d’attente.

